Lovable, Bolt, v0, Cursor : que faire quand le code IA casse

Code généré par Lovable, Bolt, v0 et Cursor qui casse en production

Le scénario revient sur mon bureau presque chaque semaine. Quelqu'un a construit une application avec Lovable, Bolt ou v0 en un week-end. La démo était bluffante, les premiers utilisateurs enthousiastes. Puis, un matin, le déploiement échoue. Ou la base de données renvoie des erreurs incompréhensibles. Ou l'IA, sollicitée pour corriger un bug, en crée trois autres. Et la personne m'écrit : « j'ai créé une app avec Bolt et je suis bloqué, vous pouvez la finir ? »

Ma réponse est franche : je ne finis pas le code généré par d'autres ou par l'IA. Et « finir » n'est de toute façon presque jamais le bon mot : il manque le plus souvent des fondations qui n'ont jamais été posées. Ce que je propose, c'est de reconstruire le produit proprement, de zéro, en me servant de votre prototype comme cahier des charges. Je développe des applications web et mobiles depuis des années, et j'ai vu suffisamment de projets générés par IA pour reconnaître les schémas. Dans cet article, je vous explique pourquoi ces outils cassent, ce que vous pouvez faire vous-même, et comment décider entre sauver l'existant et reconstruire proprement.

L'essentiel en trois phrases

Le prototype tient, mais ce n'est pas prêt pour la production. Lovable, Bolt et v0 vous amènent vite à 80 % d'une démo séduisante, puis butent sur les 20 % qui font la différence : sécurité, base de données fiable, paiements, conformité RGPD et CNIL.

L'IA recasse parce qu'elle perd le contexte. Plus le code grossit, plus elle corrige à l'aveugle. Chaque « fix » ajoute de la dette technique.

Avant de paniquer, sauvegardez votre projet et notez votre intention. C'est la base pour décider s'il faut corriger l'existant ou reconstruire — et à quel coût.

Pourquoi l'IA vous amène à 80 % puis s'arrête

Ces outils sont remarquables pour ce qu'ils font : transformer une phrase en interface fonctionnelle en quelques minutes. C'est réel, ce n'est pas de la magie marketing. Le problème n'est pas la qualité du départ — c'est la nature même des 20 % restants.

Les 80 % faciles, ce sont les écrans, les boutons, la mise en page, un formulaire qui s'affiche. Les 20 % difficiles, ce sont les choses invisibles qui font qu'une application tient en conditions réelles : que se passe-t-il quand deux utilisateurs modifient la même donnée en même temps ? Que devient un paiement interrompu ? Comment se comporte l'application quand la base de données est lente, quand un champ est vide, quand quelqu'un essaie de contourner un contrôle ? L'IA ne se pose pas ces questions toute seule, parce que vous ne les avez pas posées — et que personne, dans un prompt, ne pense à tout cela.

C'est exactement le mur dont je parle dans mon article sur le vibe coding : du prototype IA au vrai produit. Le prototype prouve une idée. Le produit, lui, doit survivre au monde réel, aux utilisateurs imprévisibles et — en France — au cadre légal.

Où ça casse, outil par outil

Chaque outil a ses points de rupture caractéristiques. Les connaître aide à comprendre pourquoi votre projet bloque là où il bloque.

Lovable — le déploiement et la base de données

Lovable va loin : il branche souvent une vraie base de données (via Supabase) et gère l'authentification. C'est ce qui le rend impressionnant. Mais c'est aussi là que ça coince. Les règles de sécurité de la base (les fameuses Row Level Security) sont souvent mal configurées — vos données peuvent être lisibles par n'importe qui. Le déploiement échoue dès que le projet sort du cadre prévu. Et quand vous ajoutez des fonctionnalités, la structure de données devient incohérente. Le symptôme typique : « mon app Lovable ne marche plus » après une série de modifications qui semblaient anodines.

Bolt — l'état de l'application et les intégrations

Bolt (Bolt.new) excelle pour générer une interface React vivante. Son talon d'Achille, c'est la gestion de l'état (le state) : à mesure que l'application grandit, la façon dont les données circulent entre les écrans devient fragile, et des bugs surgissent sans logique apparente. Les intégrations externes — un paiement Stripe, un envoi d'e-mail, une connexion à un service tiers — sont souvent ébauchées mais jamais réellement finalisées ni sécurisées. La démo marche ; le branchement réel, non.

v0 — une belle interface, mais un back-end à vérifier

v0 (de Vercel) est honnête sur sa mission : il génère des interfaces. Et il le fait magnifiquement. Le malentendu vient de l'utilisateur qui croit avoir une application alors qu'il a une coquille. Il peut aussi générer base de données, authentification et logique serveur, mais c'est le front-end qu'il fait le mieux : tout le back-end — la moitié invisible et la plus coûteuse du travail — reste à vérifier et à sécuriser.

Cursor — il génère, mais c'est vous qui devez comprendre

Cursor est différent : c'est un éditeur de code assisté par IA, pensé pour les développeurs. Il produit du code de bonne qualité, rapidement. Mais il part du principe que vous savez lire et structurer ce code. Entre les mains de quelqu'un qui ne programme pas, Cursor accumule des centaines de lignes que personne ne maîtrise vraiment. Tant que tout va bien, c'est invisible. Le jour où il faut diagnostiquer un bug profond, le projet est devenu une boîte noire.

Le point commun de tous ces blocages

Aucun de ces outils ne pense, par défaut, à la sécurité, à la robustesse ni à la conformité légale. Une app « vibe codée » n'a presque jamais de mentions légales conformes, de bandeau cookies aux normes CNIL, ni d'hébergement maîtrisé. En France, ce n'est pas un détail : c'est ce qui sépare un jouet d'un produit que vous pouvez mettre entre les mains de vrais clients.

Pourquoi l'IA « répare » puis recasse

C'est la frustration numéro un que l'on me décrit. Vous signalez un bug, l'IA propose une correction, ça marche cinq minutes — puis autre chose casse. Vous corrigez ça, et le premier bug revient. On tourne en rond.

La raison est technique mais simple à comprendre : l'IA travaille avec une fenêtre de contexte limitée. Au début de votre projet, elle voit tout. Quand le code atteint des milliers de lignes réparties sur des dizaines de fichiers, elle ne peut plus tout garder en tête. Elle corrige donc un endroit en ignorant qu'ailleurs, du code en dépend. Sans architecture pensée en amont, sans tests automatisés pour signaler les régressions, et sans une vision d'ensemble que seul un humain expérimenté maintient, chaque correction devient un coup de dés.

C'est ce qu'on appelle la dette technique. Au début elle est invisible. Puis elle s'accumule jusqu'au point où ajouter la moindre fonctionnalité casse trois choses. Un développeur ne se contente pas de corriger le bug du jour : il comprend la cause, restructure ce qui doit l'être, et empêche le bug de revenir. C'est cette continuité que l'IA, par construction, ne peut pas offrir.

Ce qu'il faut préparer avant de demander de l'aide

Si vous décidez de faire corriger le code existant — par la personne qui l'a construit ou par un autre développeur —, plus votre dossier est clair, plus son diagnostic sera rapide et son devis précis. Voici ce qui fait gagner du temps — et donc de l'argent — à tout le monde.

Votre kit de préparation en trois points

  • L'accès au code. Exportez votre projet depuis Lovable ou Bolt vers un dépôt GitHub, ou partagez le lien du dépôt existant. C'est la chose la plus importante : sans le code, on ne peut rien auditer.
  • Votre intention, écrite simplement. Que doit faire l'application, pour qui, et quel problème résout-elle ? Une page suffit. C'est ce qui permet de juger si le code existant sert vraiment cet objectif — et, pour une reconstruction, c'est la base du cahier des charges.
  • La liste de ce qui ne marche pas. Des exemples concrets, des captures d'écran, les messages d'erreur. « Le paiement échoue quand je teste avec une carte » vaut mille fois mieux que « ça bug ».

Si vous avez déjà des comptes (base de données Supabase, hébergement, compte de paiement), notez-les. On évitera d'en recréer inutilement.

Ce travail de préparation, vous le faites une fois et il vous sert quel que soit le prestataire choisi. C'est aussi le réflexe sain du marché français : un dossier clair, qui permet de comparer plusieurs devis sur la même base. Si vous optez pour une reconstruction propre avec moi, seuls le deuxième point et un lien vers votre prototype sont nécessaires : je ne reprends pas le code, l'accès au dépôt n'est donc pas requis.

Sauver ou reconstruire ?

La question qui compte vraiment. Et la réponse honnête dépend de la profondeur des problèmes, pas d'un dogme. Voici comment trancher.

Situation On sauve l'existant On reconstruit proprement
Interface (UI) Belle et cohérente : on la garde Incohérente, dupliquée : à refaire
Base de données Structure logique, juste à sécuriser Aucune structure ni règle de sécurité
Authentification Présente, à durcir Inexistante ou factice
Paiements / intégrations Esquisses à finaliser Aucune, ou clés exposées
Conformité RGPD Manquante mais ajoutable Architecture qui ignore la donnée
Coût prévisible Reprise ciblée, plus économique Repartir sur des bases saines

Le bon réflexe : décider sur des faits

Ne devinez pas. Si vous envisagez de sauver l'existant, faites examiner l'architecture, la base de données, l'authentification, les paiements et la conformité par la personne qui a construit le projet ou par un développeur de confiance, avant d'investir davantage. Pour ma part, je ne fais pas ce diagnostic et je ne reprends pas de code généré : je reconstruis le produit proprement, de zéro, en me servant de votre prototype comme cahier des charges — sans hériter de ses failles cachées.

Quel outil pour quel usage — et où est sa limite

Pour être juste : ces outils ont leur place. Le problème n'est pas de les utiliser, c'est de croire qu'ils livrent un produit fini. Voici comment je les situe.

Outil Ce qu'il fait bien Sa limite Bon pour
Lovable App complète avec base + auth Sécurité et déploiement fragiles MVP à valider vite
Bolt Interfaces React dynamiques État et intégrations instables Prototype interactif
v0 Interfaces très soignées Back-end à vérifier et sécuriser Maquette front-end
Cursor Code rapide et de qualité Exige de savoir coder Développeurs expérimentés

Mon avis ? Je connais bien ces outils : ils accélèrent le travail quand on sait déjà ce qu'on fait. Ils ne remplacent pas l'ingénierie ; ils la rendent plus rapide entre les mains de quelqu'un qui sait relire, sécuriser et structurer. La différence entre un prototype et une application production-ready reste un travail de métier.

La conformité RGPD : l'angle mort le plus dangereux en France

C'est le point que les outils IA ignorent totalement, et c'est précisément celui qui peut vous coûter le plus cher en France. Une application qui collecte des données — donc presque toutes — doit respecter le RGPD et les recommandations de la CNIL. Or une app « vibe codée » ne respecte quasiment jamais ces obligations.

Ce qui manque presque toujours dans un projet IA

  • Mentions légales conformes : identité de l'éditeur, SIREN/SIRET, hébergeur, et DPO si applicable.
  • Bandeau cookies aux normes CNIL : consentement explicite, avec un refus aussi simple que l'acceptation. Un simple « OK » ne suffit pas.
  • Registre des traitements et base légale claire pour chaque donnée collectée.
  • Hébergement maîtrisé : idéalement dans l'Union européenne, avec des acteurs français comme OVHcloud, Scaleway ou Clever Cloud — un vrai argument de souveraineté, surtout dans la santé ou le secteur public.
  • Sécurité réelle des données : règles d'accès, chiffrement, clés d'API jamais exposées côté client.

Mettre une application en production sans ces garde-fous, c'est s'exposer à une plainte, à un contrôle CNIL, et à la perte de confiance de vos clients. C'est pour moi un passage obligé de tout projet que je construis : un produit sérieux est aussi un produit conforme.

Les fourchettes de prix, sans langue de bois

Parlons argent clairement, en TJM et en forfaits, avec les conventions du marché français. Tous les montants sont indiqués HT.

Le TJM d'un développeur freelance senior en France se situe en 2026 entre 700 et 1 200 € selon la spécialité (React, Next.js, mobile, IA), avec une médiane tech autour de 500 à 550 €. Je ne propose ni audit, ni stabilisation, ni finalisation de code généré par IA : je reconstruis le produit proprement, de zéro, à partir de votre prototype, au forfait. Les intégrations locales (CB, FranceConnect, Factur-X, logistique) sont incluses dans le périmètre, le plus souvent au palier application métier :

Prestation Format Prix (HT)
MVP / PWA (iOS et Android, une seule base de code) Forfait à partir de 2 900 €
Application métier (paiements, comptes, intégrations locales) Forfait à partir de 6 900 €
Plateforme complexe sur mesure Forfait à partir de 14 900 €

Je positionne toujours une reconstruction propre comme un investissement face à la dette technique, jamais comme une solution low-cost. Investir dans une application réellement en production, sécurisée et conforme, c'est moins cher que de raccommoder pendant un an une base instable qui finira de toute façon par être reconstruite. Le réflexe français des trois devis est sain : demandez-les, mais comparez ce qui est comparable. Un devis qui ignore la sécurité et le RGPD n'est pas moins cher, il est incomplet. Je travaille toujours avec un devis détaillé signé, des CGV et une facture conforme.

Si vous hésitez encore entre garder votre outil no-code et passer à une vraie application, mon article sur le coût réel d'un site « gratuit » fait avec l'IA chiffre précisément ce que ces solutions coûtent vraiment une fois en production. Et si vous partez de zéro, je détaille mon approche dans la rubrique développement d'applications sur mesure.

Votre projet IA a cassé ? Reconstruisons-le proprement.

Je ne répare pas le code généré : votre prototype devient le cahier des charges, je conserve les écrans et les parcours, et je construis en dessous, de zéro, des fondations solides — base de données, authentification, paiements, RGPD et déploiement. MVP à partir de 2 900 € HT. Décrivez-moi ce que l'app doit faire : sous 24 heures, vous recevez un devis détaillé, sans engagement.

Recevoir un devis

Questions fréquemment posées (FAQ)

Pouvez-vous reprendre mon projet Lovable existant ?
Non. Je ne reprends pas de code écrit par d'autres ou généré par l'IA, et je ne le corrige ni ne le poursuis — même si Lovable, Bolt et v0 exportent du vrai code (React, Next.js, Tailwind). À la place, je reconstruis le produit proprement, de zéro, en utilisant votre projet Lovable comme cahier des charges et comme référence visuelle : les écrans, les parcours et la logique que vous avez mis au point ne sont pas perdus. En dessous, je pose des fondations solides — architecture, base de données, authentification, paiements, conformité RGPD — et vous recevez un devis détaillé, sans engagement. Si vous tenez à poursuivre sur le code existant, vous pouvez le faire vous-même ou avec la personne qui l'a construit.
Le code généré par Bolt ou Lovable est-il prêt pour la production ?
Rarement tel quel. Ces outils produisent un excellent prototype : l'interface est belle et la démo fonctionne. Mais la partie invisible (gestion des erreurs, sécurité, base de données robuste, paiements, conformité RGPD et CNIL) est presque toujours incomplète. Passer en production demande un travail d'ingénierie sur ces fondations : c'est faisable, mais ce n'est pas un simple bouton à presser.
Pourquoi l'IA répare puis recasse sans cesse le même code ?
Parce que l'IA travaille avec un contexte limité. Quand votre projet grossit, elle ne garde plus en tête l'ensemble du code : elle corrige un endroit en ignorant une dépendance ailleurs, ce qui casse une autre partie. Sans architecture pensée, sans tests et sans une vision globale, chaque correction crée une nouvelle régression. C'est la dette technique qui s'accumule jusqu'au blocage.
Que dois-je préparer avant de vous contacter pour un projet IA cassé ?
Pour une reconstruction avec moi, deux choses suffisent : un lien vers votre prototype (ou des captures d'écran) et une description claire de ce que l'application doit faire et pour qui. Je n'ai pas besoin d'accéder au code, puisque je ne le reprends pas. Si vous avez déjà des comptes (base de données, hébergement, paiement), notez-les. Si vous préférez faire corriger l'existant par la personne qui l'a construit ou par un autre développeur, préparez aussi l'accès au code (export depuis Lovable ou Bolt, ou un lien vers le dépôt GitHub) et la liste de ce qui ne marche pas, avec des exemples concrets ou des captures. Plus le brief est précis, plus le devis est rapide et exact.
Vaut-il mieux sauver le code IA existant ou tout reconstruire ?
Cela dépend de la profondeur des problèmes. Si l'interface est bonne et que seuls la base de données, l'authentification ou les paiements posent souci, sauver l'existant et consolider les fondations peut suffire — un travail à mener vous-même ou avec la personne qui a construit le projet. Si l'architecture est incohérente, sans aucune sécurité ni structure de données sérieuse, reconstruire proprement revient souvent moins cher que de raccommoder indéfiniment. Pour ma part, je ne travaille que sur cette seconde voie : je reconstruis de zéro, et votre prototype devient le cahier des charges.
Combien coûte la reprise ou la finalisation d'un projet généré par IA ?
Je ne propose ni audit, ni reprise, ni finalisation de code généré par IA : je reconstruis le produit proprement, de zéro, et votre prototype devient le cahier des charges. Mes prix, au forfait : MVP / PWA (iOS et Android depuis une seule base de code) à partir de 2 900 € HT, application métier avec paiements et intégrations à partir de 6 900 € HT, plateforme complexe à partir de 14 900 € HT. C'est un investissement face à la dette technique, pas une dépense low-cost : vous obtenez une application réellement en production, sécurisée et conforme.

En résumé

Lovable, Bolt, v0 et Cursor sont d'excellents outils pour prouver une idée. Mais un prototype séduisant n'est pas un produit, et le mur des 20 % restants — sécurité, base de données, paiements, RGPD — ne se franchit pas avec un prompt de plus. Quand l'IA tourne en rond et recasse ce qu'elle vient de réparer, c'est le signal qu'il faut une vraie continuité d'ingénierie.

Si votre application a cessé de fonctionner, ne perdez pas vos nuits à relancer l'IA. Écrivez en une page ce que l'app doit faire, gardez votre prototype comme référence — puis parlons-en. Je ne reprendrai pas le code cassé : je reconstruirai le produit proprement, de zéro, et vous repartirez avec une application réellement en production, sécurisée et conforme au cadre français. C'est tout ce qui sépare « j'ai bricolé un truc avec l'IA » de « j'ai un produit que je peux confier à mes clients ».